Chaque printemps, elle pare d'or les coteaux de Gérardmer. 
Devenue emblème et même authentique patrimoine pour toute une ville, la jonquille engendre une véritable passion depuis 1935. Cueillie avec courage et respect par les centaines de petites mains des écoliers, collégiens et lycéens du canton, elle habille les "carcasses" créées par les constructeurs, véritables artistes et orfèvres. 
Les quelques pages qui suivent vous permettront de comprendre comment, à chaque fête des jonquilles, ce petit miracle, à chaque fois, se renouvelle.

" Il éclot en nos prés une fleur immortelle
Que le souffle du vent rend fertile. 
Cette fleur est simple, suave et belle, 
Elle se nomme LA JONQUILLE"

Nicole Curtit

Les jonquilles sont intimement liées à la vie de Gérardmer. Leur présence en grande quantité sur les coteaux de la " Perle des Vosges " annonce chaque année les prémices d'un printemps qui, chez nous, est souvent capricieux.
Les jonquilles faisaient le désespoir des paysans de la montagne : quand on cueille une, il en repousse dix ! Elles ont fait la gloire de Gérardmer.

Faisons un bref retour dans le temps et découvrons l'envol de la fête des jonquilles.

1934: En avril, quand, au retour d'une balade, quelques bons copains de l'amicale motocycliste gérômoise eurent l'idée d'orner leurs machines, du guidon au tan-sad, du garde-boue au rétroviseur, des jaunes fleurettes de saison, ils ne se doutaient pas de l'engouement qu'ils allaient déclencher.

1935: La première fête des jonquilles a eu l'honneur de faire l'objet d'un article dans l'Est Républicain. Le cortège s'ébranle ; derrière une voiture, dont le haut-parleur lance des airs joyeux, un immense poisson, tout en jonquilles, pétille aux heurts de la route ; une bouteille de champagne géante, avec ses coupes, apparaît ensuite, suivie des moulins à vent, oeufs de Pâques, cygnes et papillons de toutes sortes. Certaines motos comportent des échafaudages compliqués, prémices des futurs chars.

Les spectateurs étaient au rendez-vous et le sont encore maintenant.

La fête des jonquilles est connue et appréciée de tous. Pas seulement des Gérômois car des milliers de personnes se déplacent pour voir le corso défiler dans les rues de Gérardmer.

Les quelques jours qui précédent et suivent la Fête des Jonquilles, la ville gérômoise devient cosmopolite, car toutes les nationalités y sont dignement représentées, que ce soit en tant que spectateurs ou en tant que musiciens. La fête est un festival musical par les groupes qui rythment tout le défilé et font danser la foule.

Quelques centaines de personnes, membres d'associations ou d'amicales locales, créent, soudent, clouent, agrafent et assemblent les éléments des chars qui défileront une fois parés de jonquilles, de mousses, de lichens, branchages ou autres.

Sont ainsi construits de 20 à 30 chars, selon les années, dont la « carcasse » est faite de treillis de fils de fer à mailles de un centimètre, tendus sur des armatures en fer.

Fête des jonquilles de Gérardmer Fête des jonquilles de Gérardmer 

La symphonie gérômoise or et mousse éclate comme une fête réussie, dès le lever du rideau. Mais travail, angoisse, lassitude, solidarité, insomnie ont précédé les trois coups.

La fête des Jonquilles commence, pour le comité, l'année précédente. Et oui! Dès la réunion qui lance la conception de l'affiche officielle, soit en mai.

Les constructeurs se mettent à la tâche dès le mois d'octobre. En effet, des heures de travail de soudure, d'agrafage sont en perspective pour eux mais également pour les familles qui les soutiennent.

Ces artistes de génie, devront pour quelques mois, combiner vie familiale, vie professionnelle et préparation de leur char.

Ces carcasses prêtes, il s'agit de les habiller. Il faut 2500 à 3000 jonquilles par mètre carré de grillage, soit environ 350.000 fleurs pour un char dit moyen.

Quelques chiffres :

  • 5 à 6 mois de travail sont nécessaires pour la conception et la construction d'un char.
  • Des millions de jonquilles en moyenne sont cueilliez pour l'habillage des chars et des sujets fixes (pour 1m² de grillage à recouvrir, il faut 50 bouquets de 50 jonquilles soit 2500 fleurs/m².)
  • A ce jour plus de 2100 chars auront été construits depuis la création de la fête.

Aux chars, se mêleront des formations musicales nationales et internationales qui ajouteront la note festive du Corso.

Fête des jonquilles de Gérardmer Fête des jonquilles de Gérardmer

Chaque fête, les constructeurs ont la joie et le plaisir de voir leur travail de longue haleine récompensé par les poignées de main des spectateurs, les féliciations mais surtout le bnoheur et l'émerveillement qui jaillit de la foule.

La plus belle des gratifications est de voir leurs chars faisant objet de nombreux compliments et applaudissements des quelques 40 à 50.000 spectateurs.

Leur travail sera également récompensé par un JURY qui établit un classement selon sa catégorie : petit - moyen - grand - très grand. 
La société des Fêtes leur remettra un don évalué en fonction du classement et des recettes lors d'une soirée spéciale quelques semaines après la fête.